Bokashi ou lombricompostage : Comparaison entre les 2 solutions

Tôt ou tard, tout amateur de compost découvre le bokashi et s’interroge sur cette méthode de recyclage des déchets alimentaires au son étrange. Se pratiquant à l’intérieur d’un logement comme le vermicompostage, la première question est de savoir laquelle des 2 techniques préférer. Mais il y a aussi de nombreuses autres interrogations. Comment fonctionne le bokashi, sans vers ? Ou, que peuvent apporter les vers d’un lombricomposteur que le bokashi n’est pas en mesure de fournir ? Dans cet article, nous les comparons face à face le lombricompostage et le bokashi afin que vous puissiez décider lequel choisir.

Qu’est-ce que le bokashi ?

Nous pensons que les racines du processus remontent aux anciennes méthodes agricoles coréennes ou japonaises, bien que la technique que nous connaissons aujourd’hui ait été développée aussi récemment qu’au début des années 1980, au Japon. Fait intéressant, le mot ‘bokashi’ a plusieurs significations en japonais, mais il est désormais traduit habituellement par « matière organique fermentée ».

Il existe une certaine controverse parmi les puristes quant à savoir si le bokashi est une véritable méthode de compostage, comme le lombricompostage, car bien que le ‘produit fini’ puisse être utilisé comme engrais, le processus lui-même utilise la fermentation plutôt que la décomposition.

La fermentation elle-même a lieu dans un récipient scellé, le composteur bokashi avec un activateur. En tant que tel, il s’agit d’un processus anaérobie (ou sans air). Alors que le compostage ou lombricompostage aérobie implique des microbes respirant l’oxygène qui décomposent les déchets, les microbes nécessaires au bokashi se développent dans un environnement sans oxygène et libèrent les acides nécessaires pour décomposer la matière.

En quoi consiste la méthode bokashi ?

Le bokashi nécessite un accélérateur organique, composé d’un mélange d’un matériau de base, le plus souvent du son, d’une certaine forme de sucre glucidique (souvent de la mélasse) pour les nutriments et des microbes nécessaires. Ces microbes sont du même type, ou similaires, que vous trouveriez dans le yaourt fermenté.

Vous pouvez créer vous-même ce mélange magique, mais le processus peut être complexe et prendre du temps, il est donc plus souvent acheté.

En plus de ce ‘démarreur’ indispensable, vous aurez également besoin d’un récipient ou d’un seau pour créer votre compost. Encore une fois, ceux-ci sont généralement achetés en tant que bacs de compostage bokashi, mais vous pouvez fabriquer les vôtres, à condition de vous assurer qu’ils sont totalement hermétiques et qu’ils disposent d’un moyen de drainer le liquide produit.

Pour la première partie du processus, il s’agit simplement de superposer vos déchets de cuisine (qui peuvent inclure des restes de viande et de produits laitiers) avec le mélange bokashi dans le récipient et de le sceller. Laissez 10 à 14 jours de fermentation, en vidant le liquide tous les jours environ. Ce liquide peut être utilisé comme engrais de jardin, mais devra d’abord être dilué.

A la fin de cette période, vous avez une matière fermentée qui est trop acide pour être utilisée comme compost immédiatement. Avant de pouvoir l’utiliser, vous devez l’enterrer dans une parcelle de jardin en jachère pour lui permettre de se neutraliser. Cette seconde phase dure aussi environ deux semaines.

Toutefois, en cas d’absence de jardin, il est possible, soit de l’enfouir sous quelques centimètres de terre dans une jardinière ou tout autre contenant, soit de l’ajouter à un lombricomposteur ou un composteur collectif.

Les plantes en forme avec le bokashi ou le lombricompostage.

Comment comparer le bokashi au lombricompostage ?

Il y a des similitudes entre les 2 méthodes. Elles impliquent toutes deux essentiellement un contenant fermé. Les deux peuvent être réalisées (au moins en partie dans le cas du bokashi) dans un petit espace intérieur. Les avantages du zéro déchet sont très vantés par les partisans du lombricompostage et du bokashi.

Bien sûr, le lombricompostage est un processus aérobie, car votre cheptel de vers aura besoin d’oxygène. Le lombricomposteur n’est donc pas un récipient scellé, contrairement au bokashi.

Les deux processus sont plus rapides que les méthodes de compostage traditionnelles et produisent tous deux un liquide pendant le processus qui peut être utilisé immédiatement comme engrais. Cependant, après environ trois à six mois, vos vers auront produit un compost qui peut être utilisé immédiatement, alors que le bokashi ne nécessite qu’environ un mois avant d’avoir un compost utilisable. En outre, cette dernière technique ne nécessite par d’équilibrage carbone/azote, contrairement à la première.

Il faut noter une autre différence importante entre le lombricompostage et le bokashi. Les déchets acceptés ne sont pas les mêmes. Sur ce front, le bokashi peut avoir un léger avantage, car vous pouvez également vous débarrasser des restes de matières animales et de produits laitiers.

où le lombricomposteur devance sans appel le bokashi, c’est le besoin de ce dernier pour la deuxième étape de neutralisation de l’acide. La deuxième étape du processus bokashi repose sur la présence d’un espace extérieur pour enterrer votre matières organiques fermentées. Si vous n’avez pas d’espace extérieur, cela peut poser problème.

Vous pouvez choisir de simplement récolter le liquide bokashi (connu sous le nom de lixiviat ou parfois de thé bokashi) pour votre propre usage, mais il vous reste alors à vous débarrasser de la matière fermentée.

Le coût initial de la technique bokashi est généralement inférieure à celui du lombricompostage. Cependant, la première nécessitant constamment l’ajout de micro-organismes, les frais sont récurrents et donc le processus fini par être plus coûteux.

Le lombricompostage apparaît être un processus légèrement plus long, mais les deux vous donneront un compost utilisable et stable dans un temps relativement court et peu d’effort.

Synthèse : Comparaison Bokashi / lombricompostage / compostage classique

Alors regardons comment ils se comparent en pratique. Pour une image plus complète, nous devrions également examiner comment ces méthodes se comparent au compostage traditionnel.

BokashiVermicompostageCompostage traditionnel
Type de processusAnaérobieAérobieAérobie
Dépense initiale nécessaireL’activateur et le composteur bokashiLe lombricomposteur, la litière de démarrage et les vers de compostageAucune, sauf éventuellement un bac
Conception DIYLe seau assez facilement, mais l’activateur plus difficilementLe bac et la litière peuvent être fabriqués à la maison assez facilementLe bac à compost peut être facilement fabriqué vous-même
LocalisationIntérieur ET extérieurIntérieur OU extérieur (entre 15 et 25°, sans bruit ni soleil direct)Extérieur
Surface nécessairePetite zone requise pour l’étape 1, mais doit avoir accès à un espace extérieur pour l’étape 2Seulement une petite surface requiseToutes surfaces, sauf les plus petits jardins
Volume de déchets traitésPetitPetit à moyenMoyen à grand
Volume de compost produitAssez faibleAssez faibleGrand volume
Déchets de jardin acceptésNonNonOui
Déchets de cuisine acceptésTous, y compris les restes de viande et de produits laitiersUne partie, pas graisses animales ou de restes de viandeUne partie, pas aux restes de viande ou de produits laitiers
Vitesse du compostageEnviron deux semaines pour l’étape 1 et 2 semaines supplémentaires pour l’étape 2Environ 3-6 moisProcessus plus lent
Risque de mauvaises odeursNon, si fait correctementNon, si fait correctementNon, si bien entretenu
Actions nécessairesAjout d’activateur à chaque nouveau lotSimple surveillanceRemuer, aérer, retourner
Période de réalisationToute l’annéeToute l’annéeLa décomposition ralentira ou s’arrêtera par temps froid

Nous pouvons donc voir qu’à bien des égards, les processus de lombricompostage et bokashi ont des résultats similaires alors que les différences avec le compostage classique apparaissent plus marquées.

Nous pouvons donc voir que le bokashi et le lombricompostage présentent des avantages par rapport aux méthodes traditionnelles en termes d’espace nécessaire, d’échelle de temps, de fréquence de récolte et d’entretien.

Bien qu’ils ne soient pas pratiques pour l’élimination des déchets de jardin ou de grandes quantités de déchets, le lombricompostage et le bokashi sont tous deux des moyens efficaces d’éliminer la plupart des déchets de cuisine organiques, réduisant ainsi vos poubelles résiduelles.

Il faut souligner un point important concernant le compostage traditionnel. Beaucoup de personnes pensent (à tord) qu’il suffit d’entasser ses déchets biodégradables au fond du jardin pour produire un compost fertile. C’est loin d’être aussi simple que cela.

Pour qu’il y ait montée en température et dégradation de la matière, il faut que de nombreuses conditions soient respectées. C’est pourquoi l’entretien est assez complexe. Il faut un volume de déchets suffisant et le remuer et retourner régulièrement, parfois il faut l’humidifier ou ajouter des matières végétales…

Est-ce que le compost issu du bokashi est un bon engrais ?

Nous connaissons les bienfaits du compost traditionnel, une méthode utilisée depuis des siècles. Nous connaissons les avantages du lombricompost et du lombrithé grâce à de nombreuses études sur le sujet.

Par contre, en tant que processus relativement nouveau, et donc avec moins d’études, le bokashi est désavantagé par rapport tant au lombricompostage qu’au compostage traditionnel. Il semble de bonne qualité. Mais, l’efficacité de son produit final en tant qu’engrais pour les cultures n’a pas encore été formellement saluée par les experts.

Bokashi et vers : Des adversaires ou des alliés ?

Fait intéressant, de nombreuses personnes commencent maintenant à combiner les deux méthodes, en ajoutant leur ‘culture’ bokashi à leur lombricomposteur. Il peut sembler contre-intuitif de nourrir des vers avec une matière ayant une teneur en acide aussi élevée, mais tant que l’on prend soin d’introduire le nouvel aliment avec précaution et de garder un œil sur les vers, il semble qu’ils s’habituent à leur nouvelle nourriture.

Le bokashi étant capable de gérer plus rapidement une plus grande variété de déchets organiques qu’une vermicompostière, la combinaison des deux est une option zéro déchet très efficace pour tous les déchets alimentaires. Aussi, il apparaît de plus en plus que le lombricompostage et le bokashi sont utilisés conjointement.

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