10 idées reçues sur le lombricompostage

Introduire tout plein de petits vers tout gluants dans votre cuisine vous cause quelques haut-le-cœur ? Les enfants sont généralement hyper-enthousiastes à l’idée du lombricompostage. Par contre, les adultes peuvent avoir quelques réticences, voire une certaine aversion. Tentons d’aborder les sujets qui fâchent pour voir s’il est possible de vous réconcilier avec cette démarche et les vers.

La fuite de vers en lombricompostage est-elle une réalité ?

1# Le lombricompostage, ça pue !

Un lombricomposteur qui dégage des odeurs nauséabondes connaît un dysfonctionnement. En temps normal, le vermicompostage dégage une délicate odeur de sous-bois. S’il y a un problème d’odeur, c’est qu’il y a une solution.

Généralement, c’est que la litière est trop humide ; il faut lui ajouter des papiers et cartons ainsi que des coquilles d’œuf réduites en poudre. Ainsi, bien géré avec les bons ajustements, votre lombricompostage sent bon.

2# Des vers de terre dans ma cuisine, c’est sale !

Vous trouvez qu’avoir des vers dans sa cuisine est dégoûtant ? C’est une idée reçue partagée par beaucoup. Ce dégoût vient en partie de la confusion entre les vers et les asticots qui mangent la chair humaine. Pourtant, les deux espèces n’ont rien à voir.

Ne craignez donc pas de voir vos vers grouillants venir vous dévorer durant votre sommeil ! D’ailleurs, il y a même peu de chance qu’ils sortent de votre vermicompostière pour se balader chez vous. Ils fuient la lumière et se nourrissent uniquement de matière végétale en décomposition. Mais vous pouvez aussi mettre le lombricomposteur sur le balcon ou dans le jardin.

Si vous avez quelques appréhensions concernant le lombricompostage, elles vont disparaître rapidement à mesure que vous les côtoierez. Les vers de surface ne mordent pas et ne piquent pas. Ils ne transmettent pas de maladie, ni de germe, ni de parasite. Ils ont même la faculté de neutraliser les bactéries. Il n’y a aucun risque sanitaire ni avec les vers de compost, ni avec les bio-déchets.

3# Le vermicompostage, c’est trop compliqué !

Même s’il y a des choses à savoir pour bien gérer un lombricomposteur, il n’est pas possible de dire que c’est une pratique complexe. Lombricomposter, c’est simple ! Il vous suffit de bien trier les déchets que vous donnez aux vers et de vous assurer qu’ils s’épanouissent. Ni plus, ni moins. Il s’agit uniquement de quelques minutes par semaine.

C’est lorsque vous leur donnez leur nourriture que vous jetez un œil pour voir si tout va bien. Très vite, vous allez apprendre ce qu’ils mangent sans avoir à consulter d’antisèche. Très vite, vous allez savoir regarder les signes de bonne santé : des vers nombreux qui dégradent les déchets, sont bien présents dans toute la litière qui est suffisamment humide, mais pas trop.

Le reste du temps, vous n’avez rien à faire. Les vers de compost n’ont pas besoin d’être promené, toiletté, ni quoi que ce soit. Vous pouvez même les laisser seuls durant un mois pour partir en vacances. Ils sauront vous attendre patiemment. Contrairement au compostage classique, le lombricompostage ne demande aucun entretien. Il n’y a pas besoin de remuer, arroser et retourner le lombricompost.

4# Je n’ai pas d’intérêt à lombricomposter, car je paierai le même prix pour la collecte des ordures ménagères

Il est vrai que les foyers qui lombricompostent paient le plus souvent le même tarif que les autres pour le ramassage et le traitement des ordures ménagères. Cependant, il est plus juste d’élargir le champ de vision. Si un grand nombre de ménages de votre territoire se mettent au lombricompostage (et plus globalement diminuent le volume de leur poubelle), le coût collectif des ordures ménagères va diminuer et de ce fait les taxes prélevées.

Aussi, si chacun y met du sien et s’investit pour baisser sa production d’ordures ménagères, cela coûtera moins cher. Pour faire changer les choses, il faut savoir mouiller le maillot et ne pas attendre que « les autres » fassent l’effort d’abord.

Il faut aussi noter que certaines collectivités en France font payer les ordures ménagères selon les quantités produites par foyer. C’est ce que l’on appelle la redevance incitative. Si vous êtes dans l’un de ces territoires, vous verrez directement votre facture diminuer.

Enfin, il faut aussi considérer qu’en faisant maigrir vos poubelles grâce au lombricompostage, vous allez profiter de quelques avantages intéressants, tels que :

  • Moins de poubelles à descendre de l’appartement ou à installer sur le trottoir
  • Moins de mauvaises odeurs dans vos poubelles allégées

5# Je ne vois toujours pas de bénéfice au lombricompostage, car mes plantes s’en sortent sans

Il est vrai que vous pouvez faire sans. Vos plantes peuvent vivre en bonne santé sans lombricompost ni lombrithé, et même sans engrais chimique.

Mais, qu’il est bon de se dire que l’on transforme des déchets en engrais ! Ne trouvez-vous pas ? Alors qu’ils allaient finir enfouis ou incinérés, alors qu’ils allaient produire du CO2 et polluer la planète, vous les avez transformés en quelque chose de positif et d’utile. N’est-ce pas merveilleux ! Bon, ce n’est pas la pierre philosophale, mais tout de même !

Valoriser ses déchets est une pratique qui fait du bien. À soi et à la planète. Et à vos plantes. Avec cet amendement, vos végétaux seront boostés. Vous pourrez facilement agrandir votre collection de plantes d’appartement, cactus, fleurs, potager, plates bandes… Il est aussi possible de faire profiter vos amis et collègues de cet engrais 100 % naturel. N’y a-t-il pas un pauvre ficus au bureau qui en aurait bien besoin ?

Le lombricompostage n'est pas si complexe.

6# Le lombricomposteur est trop encombrant !

Même si le matériel n’est pas très volumineux, il prend à peu près la place d’une poubelle ou d’une chaise. Certains modèles sont un peu plus petits que d’autres. En moyenne, il faut compter 60 cm de hauteur et 40 cm de diamètre.

Les dimensions ne sont tout de même pas si importantes. Même un studio peut être suffisamment grand pour une vermicompostière. Regardez les modèles avec un pot de fleurs au sommet ; ils ont ainsi une double fonction idéale pour les petits espaces.

Il y a donc moyen de trouver chaussure à son pied pour se lancer dans le lombricompostage. Vous pouvez mettre le lombricomposteur dans la cuisine, comme c’est souvent recommandé, mais aussi à d’autres endroits : cellier, buanderie, salon, garage, balcon, terrasse, jardin…

7# Je n’ai pas la possibilité de faire garder les vers pendant mes vacances

Cet argument contre le lombricompostage ne tient pas la route. Les vers de compost n’ont pas besoin d’être gardés. Vous pouvez partir en vacances, jusqu’à un mois, sans prévoir quoi que ce soit pour les vers.

Vous pouvez, l’esprit tranquille, laisser vos vers tout seuls chez vous. Ils ne courent aucun risque, ne vont pas mettre le boxon, ni organiser de soirée ! Ils vont s’adapter tous seuls à la diminution de la quantité de nourriture. Progressivement, ils vont jeûner et arrêter de se reproduire.

Pour préparer votre départ, vous n’avez qu’à bien humidifier leur litière et mettre en bonne dose de déchets. Si vos vacances durent plus d’un mois (quel chanceux !), il faudra demander à un voisin d’aller leur fournir quelques épluchures. Ainsi, ils patienteront plus facilement jusqu’à vote retour.

8# Les vers vont se balader dans toute la maison !

Les vers de terre, nourris et logés gratuitement, n’ont aucune raison de quitter le lombricomposteur. Ils y reçoivent tout ce dont un vers digne de ce nom peut espérer dans la vie ! Et en plus, ils n’aiment pas la lumière. Par ailleurs, les lombricomposteurs sont totalement hermétiques rendant toute évasion impossible.

Si un lombricomposteur connaît des fuites de vers, c’est qu’il est mal conçu. Les modèles faits maison peuvent parfois présenter cet inconvénient selon les compétences du concepteur. Certaines vermicompostières en bois ont également parfois ce défaut selon les commentaires des utilisateurs.

Si les vers épigés décident d’émigrer hors de leur chambre, c’est aussi que le processus de lombricompostage rencontre une difficulté qui peut très simplement se régler. En effet, les vers qui fuient témoignent que leur milieu n’est pas suffisamment accueillant pour leur exigence de vie : trop humide, trop sec, trop froid, trop chaud… Un petit réglage s’impose alors.

9# Je ne saurais pas m’occuper des vers de lombricompostage, je n’y connais rien !

Adopter des vers pour lombricomposter, ce n’est pas tout à fait comme d’adopter un chien, ni même un chat. Pas de stress à avoir ! Les vers se débrouillent quasiment tous seuls. Pas besoin de les emmener faire une promenade, ni de les faire vacciner, ni de les vermifuger.

Tout ce que vous devez faire, c’est leur donner des déchets à ingérer. Pour connaître quelle nourriture est bonne et laquelle est mauvaise, il suffit de lire quelques pages web ou de vous procurer un livre. Ce savoir est accessible à tous, sans doctorat d’études vétérinaires.

Concernant le processus de lombricompostage, il n’est pas rare de connaître quelques soucis. Que ce soit un problème de moucherons, d’odeur, de chaleur, de moisissure…, les dysfonctionnements rencontrés ne nécessitent le plus souvent que de simples ajustements peu complexes. Il faut certes accepter de parfois chercher une solution en tâtonnant et en essayant différentes choses, mais c’est peu de contraintes.

10# Si je nourris trop bien les vers, ils vont prospérer et je serais envahi

Rassurez-vous : Aucun cas d’invasion de vers avec prise de pouvoir d’une habitation n’a jamais été recensé ! Il est vrai qu’un vermicomposteur qui fonctionne bien va permettre le développement du nombre de vers de terre. Vous allez d’ailleurs pouvoir en donner à des personnes débutant la démarche.

Néanmoins, leur nombre ne va pas toujours être en progression. En effet, comme la nourriture que vous allez leur mettre est limitée, ils ne pourront indéfiniment continuer à prospérer. Leur nombre va s’autoréguler en s’adaptant aux déchets que vous leur offrez. Donc, ils ne peuvent être en surnombre durablement.

Et si vous en voulez encore, découvrez cette excellente vidéo avec tout plein d’idées reçues sur le lombricompostage :